PASCIN

PASCIN Salomé Salomé

Nouveau produit

220,00 €

 
Ajouter à ma liste d'envie         Ajouter à ma liste

Gravure. 24x32cm

Plus de détails

1 produit à gauche ...

Attention : dernières pièces disponibles !

Partager dans les médias sociaux

Jules Pascin (1885-1930)

Titre : Salomé Salomé
Technique : Gravure à l’eau-forte et champlevé sur papier
Date Date de création de la planche par Pascin : 1927
Gravure originale dont le tirage a été exécuté par les ayants droits vers 1980.
Édition : Numérotée 67/100 en bas à gauche
Signature : Signée du tampon de la signature en bas à droite
Dimensions à la cuvette : 24x32cm
Dimensions papier : 38x56cm

Une scène labyrinthique

Dans cette gravure, Pascin déploie un univers foisonnant où les lignes sinueuses dessinent un théâtre à la fois charnel et chaotique. Le regard est immédiatement happé par la densité de figures entremêlées, comme prisonnières d’un réseau organique. Corps nus, torses, bras et visages surgissent de la matière sombre, se chevauchent, s’effacent et se redessinent dans une danse inquiète. Rien n’est stable : tout se dissout dans un mouvement continu, proche de la transe.

Le mythe revisité

Le titre "Salomé, Salomé" convoque l’imaginaire biblique et décadent, celui de la jeune femme fatale qui, par sa danse, obtient la tête de Jean-Baptiste. Mais chez Pascin, le récit s’éparpille, se diffracte. Au lieu de mettre en scène une héroïne isolée, l’artiste offre un kaléidoscope de corps et de pulsions. La violence biblique devient ici une orgie de formes et de désirs, une bacchanale où la figure de Salomé semble se dissoudre dans la multitude, comme si le mythe lui-même se fragmentait en une myriade de fantasmes.

L’écriture graphique

Le trait de Pascin, nerveux et incisif, oscille entre l’esquisse et la gravure profonde. Il griffe la plaque, multiplie les contours jusqu’à saturer l’espace. Les figures paraissent surgir d’un magma indistinct, entre la matière et le vide, entre l’ombre et la lumière. Cette ambiguïté graphique traduit parfaitement la tension de l’œuvre : attraction et répulsion, érotisme et sacrifice, extase et chute.

Une danse des abîmes

L’œuvre pourrait se lire comme une danse infernale, une ronde de désirs et de corps consumés par le feu intérieur. Dans cette gravure, Pascin nous livre une vision hallucinée, à la fois biblique et moderne, où le mythe de Salomé devient prétexte à sonder l’excès des passions humaines. Salomé, Salomé n’est pas tant une illustration qu’une plongée dans les abîmes du désir et du chaos — un miroir tendu vers notre part la plus obscure.

BIOGRAPHIE

Jules PASCIN (Julius Mordecai PINCAS)

Peintre et graveur
Vidin (Bulgarie), 31 mars 1885 – Montmartre, juin 1930


Origines et formation

Fils d’un riche marchand de Vidin, sa famille s’établit à Bucarest en 1892. Il fait ses études à Vienne.
En 1901, la liaison qu’il entretient avec une célèbre courtisane, tenancière d’une maison close de Bucarest, influence sans nul doute le futur peintre.
Il fréquente ensuite les Écoles d’art de Budapest et de Vienne (1902) puis de Munich (1903).

Cédant à la demande de sa famille scandalisée par son mode de vie, il change de nom et devient Pascin.
De son passage en Allemagne, il faut retenir sa participation au Simplicissimus, journal satirique qui publie ses premiers dessins érotiques et humoristiques.


Arrivée à Paris et premières années (1905–1914)

Le 24 décembre 1905, il arrive à Paris et s’installe à l’hôtel des Écoles, rue Delambre.
En 1906, date de l’arrivée de Modigliani à Montmartre, il rencontre Hermine David, et s’installe rue Lepic à l’hôtel Beauséjour, où il restera jusqu’en 1909.

  • 1911 : exposition à Berlin.

  • 1912 : exposition à Cologne.

  • Puis retour rue Joseph Bara, jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1914.


Séjour aux États-Unis (1914–1920)

À son arrivée, la communauté artistique le reçoit au Penguin Club.
En 1915, il est rejoint par Hermine David.
Il prend la nationalité américaine et ils se marient en 1920.


Retour à Paris et maturité artistique (1920–1930)

En octobre 1920, retour à Paris. Il revoit Lucy Vidil, mariée au peintre norvégien Per Krohg : une liaison orageuse s’ébauche.

  • Il loue un atelier 15, rue Hégésippe Moreau.

  • La galeriste Berthe Weill l’expose à plusieurs reprises (1920 et 1927).

  • En 1922, il reprend l’atelier du peintre Marchand 73, rue Caulaincourt.

  • En 1923, il s’installe 36, boulevard de Clichy, son dernier atelier.

En 1924, chez Daragnès, avec André Warnod, il perfectionne sa technique de gravure. Roger Lacourière avait déjà publié son “Cendrillon” (Éditions de la Roseraie).

De 1925 à 1929, il voyage en Italie, Palestine, New York, Espagne, Portugal, souvent avec Lucy. En 1929, elle loue un atelier villa des Camélias pour l’éloigner de Montmartre.

En 1930, il expose chez Knœdler à New York (peu de succès) puis à la Galerie Georges Petit à Paris.


Mort et funérailles

Le 2 juin 1930, Pascin se suicide dans son atelier du 36 boulevard de Clichy.

Le 7 juin 1930, toutes les galeries de Paris ferment leurs portes pour son enterrement.
Il repose au cimetière Montparnasse, où est gravé un poème d’André Salmon :

“Homme libre héros du songe et du désir de ses mains qui saignaient poussant les portes d’or esprit et cahier Pascin dédaigna de choisir et maître de la vie il ordonna la mort.”


Œuvre graphique

Œuvre importante, reprenant les thèmes de ses tableaux : nus, femmes, filles, scènes de rues, lupanars, voyages.
Il utilise toutes les techniques :

  • Bois gravé (Montmartre, 1910–1915, Filles de la nuit en 1919).

  • Lithographie, pointe sèche, aquatinte.

  • Eaux-fortes (dès 1912).

  • Vernis mou (vers 1923).

  • Manières noires (fin de vie).

Parmi ses illustrations :

  • Mac Orlan (Aux lumières de Paris, 1925).

  • André Warnod (Trois petites filles dans la rue, 1925).

  • André Salmon (Vénus dans la balance, 1925).


Ateliers successifs

  • Hôtel Beauséjour, rue Lepic (1905–1909).

  • 49 rue Gabrielle (1909).

  • 2 impasse Girardon.

  • 15 rue Hégésippe Moreau (vers 1920).

  • 73 rue Caulaincourt (1922).

  • 36 boulevard de Clichy (1923–1930) :

    • Atelier au 5e étage avec vue sur la Butte et le boulevard.

    • C’est là qu’il se donne la mort.


Postérité

  • 1993 : exposition rétrospective Les Ateliers de Pascin et de ses amis au Musée de Montmartre.

  • Scénographie : Guy Krohg.

  • Commissaire : Sylvie Buisson (catalogue).

  • Suivi scientifique : Rosemary Napolitano, archiviste officielle de Pascin.