Jules Pascin (1885-1930)
Titre : Deux nus féminins
Technique : Gravure à l’eau-forte sur papier
Date : Date de création de la planche par Pascin : 1929
Gravure originale dont le tirage a été exécuté par les ayants droits vers 1980.
Édition : Numérotée 81/100 en bas à gauche
Signature : Signée du tampon de la signature en bas à droite
Dimensions à la cuvette : 18x18cm
Dimensions papier : 57x38cm
Description :
Cette eau-forte illustre deux nus féminins debout, aux formes pleines et généreuses, une thématique chère à Pascin. À gauche, une jeune femme au corps fin et au geste retenu, les doigts portés à la bouche, semble dialoguer silencieusement avec son pendant, une figure plus charnelle tournée légèrement de profil. Le traitement des corps, souple et sensuel, traduit l’intérêt de Pascin pour la féminité, oscillant entre innocence et désir.
Un groupe esquissé à l’arrière-plan gauche rappelle la pratique caractéristique de l’artiste : composer des scènes intimes où la présence féminine domine.
Ambiance :
L’œuvre témoigne de l’élégance et de la modernité de Pascin dans l’art du nu. Son graphisme subtil, entre esquisse et volume affirmé, confère à la scène une atmosphère à la fois sensuelle et contemplative.
BIOGRAPHIE
Jules PASCIN (Julius Mordecai PINCAS)
Peintre et graveur
Vidin (Bulgarie), 31 mars 1885 – Montmartre, juin 1930
Origines et formation
Fils d’un riche marchand de Vidin, sa famille s’établit à Bucarest en 1892. Il fait ses études à Vienne.
En 1901, la liaison qu’il entretient avec une célèbre courtisane, tenancière d’une maison close de Bucarest, influence sans nul doute le futur peintre.
Il fréquente ensuite les Écoles d’art de Budapest et de Vienne (1902) puis de Munich (1903).
Cédant à la demande de sa famille scandalisée par son mode de vie, il change de nom et devient Pascin.
De son passage en Allemagne, il faut retenir sa participation au Simplicissimus, journal satirique qui publie ses premiers dessins érotiques et humoristiques.
Arrivée à Paris et premières années (1905–1914)
Le 24 décembre 1905, il arrive à Paris et s’installe à l’hôtel des Écoles, rue Delambre.
En 1906, date de l’arrivée de Modigliani à Montmartre, il rencontre Hermine David, et s’installe rue Lepic à l’hôtel Beauséjour, où il restera jusqu’en 1909.
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1911 : exposition à Berlin.
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1912 : exposition à Cologne.
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Puis retour rue Joseph Bara, jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1914.
Séjour aux États-Unis (1914–1920)
À son arrivée, la communauté artistique le reçoit au Penguin Club.
En 1915, il est rejoint par Hermine David.
Il prend la nationalité américaine et ils se marient en 1920.
Retour à Paris et maturité artistique (1920–1930)
En octobre 1920, retour à Paris. Il revoit Lucy Vidil, mariée au peintre norvégien Per Krohg : une liaison orageuse s’ébauche.
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Il loue un atelier 15, rue Hégésippe Moreau.
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La galeriste Berthe Weill l’expose à plusieurs reprises (1920 et 1927).
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En 1922, il reprend l’atelier du peintre Marchand 73, rue Caulaincourt.
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En 1923, il s’installe 36, boulevard de Clichy, son dernier atelier.
En 1924, chez Daragnès, avec André Warnod, il perfectionne sa technique de gravure. Roger Lacourière avait déjà publié son “Cendrillon” (Éditions de la Roseraie).
De 1925 à 1929, il voyage en Italie, Palestine, New York, Espagne, Portugal, souvent avec Lucy. En 1929, elle loue un atelier villa des Camélias pour l’éloigner de Montmartre.
En 1930, il expose chez Knœdler à New York (peu de succès) puis à la Galerie Georges Petit à Paris.
Mort et funérailles
Le 2 juin 1930, Pascin se suicide dans son atelier du 36 boulevard de Clichy.
Le 7 juin 1930, toutes les galeries de Paris ferment leurs portes pour son enterrement.
Il repose au cimetière Montparnasse, où est gravé un poème d’André Salmon :
“Homme libre héros du songe et du désir de ses mains qui saignaient poussant les portes d’or esprit et cahier Pascin dédaigna de choisir et maître de la vie il ordonna la mort.”
Œuvre graphique
Œuvre importante, reprenant les thèmes de ses tableaux : nus, femmes, filles, scènes de rues, lupanars, voyages.
Il utilise toutes les techniques :
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Bois gravé (Montmartre, 1910–1915, Filles de la nuit en 1919).
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Lithographie, pointe sèche, aquatinte.
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Eaux-fortes (dès 1912).
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Vernis mou (vers 1923).
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Manières noires (fin de vie).
Parmi ses illustrations :
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Mac Orlan (Aux lumières de Paris, 1925).
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André Warnod (Trois petites filles dans la rue, 1925).
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André Salmon (Vénus dans la balance, 1925).
Ateliers successifs
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Hôtel Beauséjour, rue Lepic (1905–1909).
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49 rue Gabrielle (1909).
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2 impasse Girardon.
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15 rue Hégésippe Moreau (vers 1920).
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73 rue Caulaincourt (1922).
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36 boulevard de Clichy (1923–1930) :
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Atelier au 5e étage avec vue sur la Butte et le boulevard.
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C’est là qu’il se donne la mort.
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Postérité
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1993 : exposition rétrospective Les Ateliers de Pascin et de ses amis au Musée de Montmartre.
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Scénographie : Guy Krohg.
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Commissaire : Sylvie Buisson (catalogue).
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Suivi scientifique : Rosemary Napolitano, archiviste officielle de Pascin.