Philippe LELIEVRE
1929, La Rochelle (Charente-Maritime, France) - 1975, Paris (France)
Titre : Femme au chien
Technique : Gravure au vernis mou sur papier Arches
Date : 1972
Édition : Numérotée 97/140 en bas à gauche
Signature : Signée en bas à droite
Dimensions à la cuvette : 32,2 x 49,3 cm
Dimensions papier : 50,3 x 65,9 cm
Une scène énigmatique et silencieuse
Dans Femme au chien, Philippe Lelièvre construit une atmosphère suspendue, presque cinématographique. L’arrière-plan, composé d’un jardin sombre et d’arbres massifs, contraste avec la présence discrète mais centrale d’une femme tenant un chien. Le décor architectural à gauche – une maison aux formes géométriques simples, aux murs jaunes éclairés – installe un contrepoint lumineux qui oppose le monde construit à la nature dense et mystérieuse.
Entre réalisme et onirisme
Le traitement par le vernis mou apporte une texture particulière : les feuillages se parent de nuances veloutées, tandis que les aplats sombres renforcent l’idée d’un crépuscule ou d’une pénombre lourde de sens. La figure féminine, à la fois fragile et digne, semble absorbée dans ses pensées, tandis que l’animal qu’elle retient suggère une tension latente, un désir de fuite ou d’instinct.
Lecture critique
Lelièvre, par cette gravure, interroge la relation entre l’humain et la nature, entre la domesticité et la sauvagerie. La composition s’inscrit dans une modernité poétique : elle n’est pas une simple scène de genre mais une image qui oscille entre observation et rêve. Femme au chien révèle l’univers d’un artiste attentif aux atmosphères, aux passages entre lumière et ombre, au mystère des présences silencieuses.
Notice biographique – Philippe Lelièvre
Origines et formation
Philippe Lelièvre est né en 1929 à La Rochelle (Charente-Maritime). Très tôt attiré par les arts plastiques, il se forme à Paris et s’intéresse à l’estampe contemporaine, notamment aux techniques de gravure comme l’eau-forte et le vernis mou.
Carrière artistique
Son œuvre s’inscrit dans la mouvance des graveurs français des années 1950–1970, période de renouveau technique et expressif dans l’art de l’estampe. Lelièvre privilégie des compositions mêlant paysages, architectures et figures humaines, souvent baignées d’une atmosphère énigmatique. Ses gravures, minutieuses et raffinées, révèlent une attention particulière à la texture, au jeu de lumière et à la densité des matières.
Style et thématiques
Lelièvre s’attache à des thèmes intimistes : scènes de jardin, silhouettes féminines, animaux domestiques, espaces urbains calmes ou déserts. Son univers est marqué par une certaine mélancolie poétique, où chaque détail semble chargé d’une signification latente. Le traitement du vernis mou, qui capte la richesse tactile des surfaces, accentue le caractère sensible et feutré de son œuvre.
Reconnaissance et disparition
Bien que disparu prématurément à Paris en 1975, à l’âge de 46 ans, Philippe Lelièvre a laissé un ensemble d’estampes qui continuent de circuler sur le marché de l’art, témoignant d’un regard singulier et exigeant. Son œuvre, rare et précieuse, est représentative de cette génération d’artistes qui ont renouvelé la gravure française du XXᵉ siècle par un équilibre subtil entre tradition technique et modernité poétique.